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Revue A.R.T. N°5

N° 5 : La fragilité (prévu en mai 2022) 

Le prochain numéro de la revue des doctorants du laboratoire ICD est consacré aux différents enjeux et représentations de la fragilité en philosophie, littérature, histoire, et histoire des arts. Ce thème s’est d’emblée imposé pour son actualité et ses nombreuses et profondes ramifications dans l’histoire de la pensée. Si le terme « fragile », étymologiquement « ce qui peut se briser », s’applique d’abord dans le domaine des sciences physiques et naturelles, que l’on songe à la résistance des matériaux en physique ou à la réparation des fractures en médecine, il connaît de très larges emplois métaphoriques proches de ceux de la vulnérabilité ou de la faiblesse de l’homme. On songe immédiatement à la fable du chêne et du roseau, où l’on voit le premier se rompre sous les assauts du vent, tandis que le second plie souplement. L’image du roseau, que reprend La Fontaine, est un symbole de la fragilité, depuis le livre d’Isaïe (Is, 42, 3, cité par le Christ en Mt, 12, 20) jusqu’au « roseau pensant » pascalien (Sellier 231), mais, placée en contrepoint de celle du chêne, elle nous fait percevoir une réalité plus profonde : si le roseau semble faible, sa flexibilité constitue sa force, alors que la raideur de l’arbre l’empêche de résister à la tempête : n’est donc pas fragile celui que l’on voit faible. La fable est belle à relire en cette période où notre condition humaine est mise à l’épreuve par la propagation d’un virus, et nous invite à réfléchir sur la dialectique de la force et de la faiblesse au prisme de la fracture – fracture psychologique, fracture sociale, fracture intellectuelle. Voilà qui, peut-être, ouvre à une réversibilité de l’opposition des deux notions, face à, comme l’écrit Marguerite Duras, « cette faiblesse ultime que d’un geste on pourrait écraser, cette royauté. »

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